bribes d’une transidentité

l’artillerie médicale est de mise, ils s’agglutinent, opèrent et se félicitent, les instruments de mesure de leur démesure sont vivifiants d’informations. il paraîtrait même, que je suis vivante!!! Le corps continu dans sa langueur de déblatérer des insanités, je suis vivante se sont-ils réjouis! Valeureux médecins qui n’avez rien compris.

Les pleureuses sont en visites, elles arpentent les couloirs labyrinthiques du mouroir qui veut la survie de mon corps.

Et toi mon amour, t’ont-ils prévenue, ont-ils trouvés les maux pour te rendre délicate à t’enivrer de douleur. Puissent-ils te faire jouir de souffrance? Puissent-ils jouir de me faire sur exister au passé? Sais-tu convaincre l’épopée, de laisser cet amas de chair pourrir à mil pieds sous l’amer. Sans doute as-tu l’ignominie d’aimer la prison de chair, te rappelant tous les souvenirs que l’on s’acharne à faire ressurgir pour se flageller la conscience… Sans doute, nous sommes miraculeusement et effroyablement humain.

grave et silencieux mon tombeau. Mais tellement tangible dans son incapacité à être imaginé, sentimentalisé, instrumentalisé, théâtralisé… L’horizon du réel. J’ai été de chair et d’os, j’ai prétendu en mon pouvoir d’existence. d’apparence. Mirage. je me suis acharnée à dépecer la projection d’une dérive dans un univers dantesque.

J’opère gaiement dans mon silence, l’échancrure de la nuit, la luminescence dans la ballade des mains apposant leurs lueurs féériques à la danse sulfureuse des rêveries. le buste dominant dans l’avancement de la poitrine, l’œil vif et bleuté du regard à mes hanches. prostrée dans l’indicible désir de me faire moi. l’amas de déchets, convulsion de l’assignation, jouait sa partition dérisoire sous le crépuscule acculant l’être au déni de soi.

O granit dans ta course effrénée qui déchire la chair pour mieux craqueler et trouer le cartilage immonde de ce corps. J’ai humé le désir de mes lèvres, déliant l’improbable. La paume égorgeant, j’éructais silencieusement, jouissance de l’automutilation. Dénudant la nudité, amas de chair, la nuit saveur propice à mon ultime tentative de romance.

Vous m’aviez condamnée à cette irréversible réponse d’acharnement face à votre pureté bohème. La main accusant la poitrine, l’autre arrachant l’entre-jambe, j’ai ouvert les portes du corps prison qui de sa liqueur violine recouvrait peu à peu le mirage de ma naissance. La chair écumait en silence sous la noirceur de la nuit. Je ne suis pas homme.

l’œil finit par se ternir d’ignorance. Il faut déconstruire. Faire suinter l’excrément qui voile le réel, nuire au présupposés, chercher la source. Le doute n’est mort que dans la fascination fulgurante. Suis-je dans l’alcôve, sidérée, jetée à même l’immensité intemporelle qui prédomine dans ma mort…. La chambre, loin du corps que vous maîtrisez dans vos nomenclatures péremptoires. Vous ne savez pas ce que je révèle dans ma tombe. Où donc est cette ligne de flottaison à même de me juger si de l’écrit du meurtre elle révèle le meurtre? A quel instant l’idée conçoit l’acte? Je m’étendais impassible sur le divan, griffonnant mes feuillets tachés, dépouillés. L’alcôve de la pensée où je puis être. Si le néant est un refus de soumission, c’est bien en lui que j’adopte la volonté d’être. Il nous fallait tuer en nous la capacité d’être vivant, il nous fallait trouver le percutant de notre mort pour devenir soi.

La voix qui me masque… J’ai l’étrangeté d’une voix qui me terrifie. comprendre ce en quoi nos solitudes savent d’elles-mêmes où elles en sont. Tu veux approcher le doute que nous nous soyons égarés, et qu’il te faille ne plus me percevoir. Le téléphone est trompeur quand je ne suis pas face à la fascination de ton visage. C’est l’aurore d’un crépuscule qui m’a ri à l’entournure de ma prospection. C’est l’aurore qui sidère, et ne désidère jamais. Le fil amant du téléphone vient de sombrer, il se terre, aphone et brûlant de passion, de rupture de filiation. Toi, mon père, ma mère, ma fratrie, qui m’accule à la disparition. J’endure l’absence de la prestance de ton aurore, de la présence intemporelle de ton aurore. Éprouver l’absence. devenir ex-nihilo. Aux confins d’un univers clos, de la nef terrée et cloîtrée, d’un ermitage sanctuariste, me voilà fascinée par la voix, déséquilibre, dysharmonie de mon tombeau. Et j’ai froid. Instantané viscérale. Et j’ai peur d’un effroi sans accalmie qui congédie aux hurlements de la sphère toute prétention de mon être. L’univers, mon néant solitaire se volatilise, laissant les plaies béates et béantes de fascination. l’insatiable atteint…. l’inexprimable car sidéré.

L’existence n’est pas acquise, elle n’est que l’accident d’une vie. Exister, est-ce naître? Frayer, effrayer un chemin de soi? défrayer et mourir à la source de soi. Il est des instant de silence qui de tous mots sont paroles. Il est des instants sidérés, instants sidérants. Le temps se défait, il n’est guère qu’un nourrisson de l’ancien. Les sentiments humains sont calomniés par le corps, sont vérolés depuis l’intérieur par l’amer de la chair. Chacun.e erre dans sa solitude inconditionnelle. Se plonger langoureusement à la commissure des lèvres du néant. Douce utopie d’un printemps hors saison, j’en suis aphone et sourd d’un monde qui vocifère sur l’idée mélodieuse d’une volonté d’existence. Je suis restée las, et je ne sais que dire. J’ouïs une telle révolte que je n’en perçois nul échappatoire. De toute façon, je me refuse à échapper, échapper à quoi? Au réel de ma consistance? Au surréel de mon existence? Naître dans la faculté d’endurer et d’éprouver la passion que nous sommes.