Pandémonium

Pandémonium

ahurie dans ma nuit sans issue

déployant les verbes à en perdre la vue

lignes noircies de profondes évidences

d’un carnet de voyage qui se tut

j’arpente les rues dans la sueur de l’échine

j’arpente le nu, le fantasme je chine

au filament de ma nuit sans issue

noircir un feuillet qui se mue

j’arpente le nu, je fantasme tes lèvres

au seuil des étpoiles filantes, j’invoque la trêve

comme pour taire solitude qui me rêve

d’une inconditionnelle absence d’Eve

aux récifs écorchures émoi lâche

à la dérive sans ornière sans rive

l’émotion je censure je tâche

atterrer la tentation hâtive

fantasque dans la flaque

fantasme où je me noie

imagines le clair de lune à chair de lune s’évanouissant dans un fond de baignoire, où je me pensais invincible dans mon cynisme roi, et m’voilà vacillant dans l’ivresse réthorique de tes yeux assignant en un éclat de sourire tous mes élans de solitude…. tous mes élans de solitude à néant….

et m’voilà jalousant tes rêves à tes lèvres à ma langue surannée, poussièreuse et amère de sa traversée du desert, sourd aux chants des sirènes aux abords des caniveaux qui baillent dans la ville vénéneuse de son silence… en mon silence…. quand je regarde voilée l’étoile dans un ciel de Pâque, aux mumures imprécis d’une résurrection… en sursis

j’ai mangé les nageoires de la certitude

pour qu’elle plonge en servitude du doute

brouillant les pistes qui n’existent pas,

pour parfaire un soliloque sans l’ombre d’une vie

comme un avion sans cage, je trébuche à réaction

avaleur de sable, je dis « vague, c’est précis ? »

n’amusant que moi-même au miroir aux alouettes

j’compose un rodéo affable en majorette attardée

ironie d’un ego diffus dans la manque d’alter

à briser les miroirs sans tain ou sans phare,

et solitude en grippe qui s’agrippe en clamant

« j’peux être plus virale que ma rivale ! »

j’avais perdu la flamme dans une flemme de Dasein

mais j’ai le Vidal qui est viral, hypocondrie tel un sort…

j’ai bien peur d’être……